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Mercy : Un hôpital sans merci 


Sa réputation l’avait précédée, et nombreux furent les gens qui m’avaient déconseillés de me rendre dans ce nouvel hôpital, censé changer radicalement l’image négative dont avait bénéficiée son prédécesseur : Bon secours ! 


Les lorrains en ont forcément entendu parler, c’est LE nouvel hôpital de Metz, et si le côté récent peut avoir des aspects rassurants, on aurait tendance à les oublier très rapidement une fois que l’on dépasse le seuil de son entrée. 

Après une grosse crise très douloureuse, dans une partie de mon corps, et étant quelqu’un ayant une pathologie incurable, malgré toute ma bonne foi à tenter d’éviter les hospitalisations depuis nombre d’années, je n’ai pas eu le choix que de me rendre aux urgences. La douleur était trop forte, trop insupportable. Alors, j’ai pris sur moi, et j’ai acceptée que l’on me conduise dans cet hôpital, pas tellement rassurée. Arrivée sur place, comme dans tous services d’urgence, c’est l’attente qui s’est faite remarquer. Mais très vite, ce qui m’a marqué, c’est plutôt la hiérarchie des priorités utilisées. En effet, je crois que c’est la première fois que je constate que l’on fait passer les gens, comme à la boucherie, dans leur ordre d’arrivée, et non pas dans leur ordre de gravité. Ainsi, un homme agé est venu se présenter à l’accueil, signalant avoir des symptômes d’AVC, pourtant, une jeune fille ennuyée par une entorse a pu passer largement devant ce cas. Etonnant, au premier abord. Et si mon esprit à clairement été surpris, il ne s’y est arrêté qu’un court instant. 

Plus de 2h plus tard, ce fut enfin mon tour. Du moins, dans sa première partie. Une infirmière me reçoit pour rentrer toutes les informations nécessaires à mon cas dans son ordinateur. Et dans le feu de l’action, je souligne une allergie qui pourrait s’avérer être grave, puisque mortelle. L’infirmière, un peu dépitée d’avoir à en écrire davantage, m’explique qu’il n’est pas utile de le dire, “dans mon cas”. 

Une heure encore plus tard, je rencontre enfin un médecin. Cette dernière constate effectivement une forte inflammation, et m’explique alors qu’il va falloir, de suite, mettre un traitement en place. De quoi me rassurer quant à la rapidité thérapeutique à être prise en charge. Dès lors qu’elle me ramène l’ordonnance, prise d’un doute, j’ai demandé quels composants se trouvaient dans l’antibiotique fraichement prescrit. Et là, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que ce même médicament que l’on m’avait presque reproché de signaler l’allergie, se trouvait être précisément ce que l’on voulait me donner. Le médecin, surpris de ne pas trouver cette indication dans mon dossier, fini par refaire une ordonnance, avec un autre traitement. Je suis alors rentrée chez moi, sans trop d’avis sur cet hôpital, bien qu’il faut avouer que je n’étais pas non plus rassurée de cette mauvaise communication flagrante. 

La nuit s’est passée, sans que les cachets ne fassent de réels effets sur ma douleur omniprésente. Et le lendemain, après un repas de midi impossible à avaler, j’ai fini par m’effondrer de douleur, une nouvelle fois, au creux de mon lit. Je dois avouer que mes souvenirs, à ce moment là, sont légèrement flous du fait de la souffrance qui m’accablait. Néanmoins, je me rappelle parfaitement qu’à force de trop de douleur, j’ai vomi durant le trajet qui me menait aux urgences. Je crois que c’est ce qui m’a ramené à une sorte de lucidité. En effet, aller à l’hôpital ne m’enchantait déjà pas, mais dans cet état, encore moins. 

A peine arrivée sur place, la personne qui m’avait accompagné tenta de trouver une solution pour que je puisse avoir une blouse, ou quelque chose de ce genre, histoire de ne pas demeurer dans mes odeurs nauséabondes, en plus de mes maux. Mais, personne à l’horizon, du moins pour rendre service. Car, passer à côté de moi, faire une pause, et prendre le temps de faire la réflexion à haute voix qui disait “ça pu ici”, ça, aucun problème, aucun manque de temps. 

Etant donné la douleur extrême dans laquelle je me trouvais, on a fini par m’allonger sur un lit, et me mettre dans une petite pièce, seule. On m’a conseillé de mettre du froid sur mon gonflement, et me voilà en train de tenter de refroidir tout ça avec un pain de glace bien rigide, vous savez, précisément ceux que vous utilisez pour votre glacière lors de vos envie de pique nique. Mais, je dois bien l’avouer, ce fut mieux que rien. Les minutes avançaient, et je commençais à me déshydrater totalement. Je me sentais réellement mal, et je baignais toujours dans mon vomi, sans que personne ne s’en inquiète jamais. J’avais une vue directe sur le bureau où se retrouvait tout le personnel médical, qui employait son temps à relater ce qu’ils avaient fait durant leur week end. Les sorties entre amis, en boite, tout y passait, sauf la santé des patients. 

Au bout de 2h30 d’attente, j’ai fini par redemander de l’eau, car ce n’était plus possible de patienter davantage. Je fus en veine, j’ai bien eu l’eau demandée, encore que, la boire chaude n’est pas vraiment très agréable. Vous savez, ça ramène un peu à leurs histoires de discothèque, l’eau était exactement à cette température que dans les toilettes, sauf que dans un hôpital, il n’y a pas de bar pour compenser.

3h que j’étais déjà sur place, et enfin, un médecin est venu me voir. Quelqu’un en rapport avec ma pathologie. Je répétais à celui ci mes allergies connues, et là encore, s’il voyait bien dans mon dossier que j’étais déjà venu la veille, toujours aucune indication sur ce qui pourrait devenir un gros problème si l’on me prescrivait le mauvais traitement. Mais bon, c’est un nouvel hôpital, il a peut être besoin de se rôder pour fonctionner davantage mieux.


C’est finalement au bout de plus de 4h dans mon vomi, qu’on a fini par me donner une blouse, pas très chaude, mais propre au moins. J’ai fini par migrer vers un service également, proclamant mon hospitalisation. Par manque de place, je me suis retrouvée dans un étage qui n’était absolument pas en rapport avec ma pathologie, et les soucis ont alors réellement débutés.


J’étais pliée en quatre en arrivant là, et je me souviens avoir entendu les infirmières de nuit être totalement dépitées d’apprendre que j’étais là depuis autant d’heures, sans avoir été perfusée plus tôt. Dans la panique, j’ai rappelée une nouvelle fois mon allergie, et celles ci découvraient à nouveau l’information. Je commençais à réellement ne plus être rassurée du tout de voir cet oubli, de façon récurrente. A savoir que c’est précisément le traitement le plus souvent donné dans le cas dans lequel je me trouvais. De quoi nourrir quelques angoisses intérieures.


J’ai fini par m’endormir, et au petit matin, on est venu me proposer mon petit déjeuner. Qui dit mauvais service, dit régime non adapté. Et ce fut le cas, entre le régime sans sel, l’interdiction de boire ne serait ce qu’un chocolat chaud à cet étage, et mon incapacité à avaler quelque chose, j’étais prise entre des impossibilités, et seulement cela. A midi, ce fut encore bien pire. Voilà que l’on m’a ramené un repas que je ne pouvais clairement pas mâcher, et mieux encore, je devais le “déguster” à l’aide d’une cuillière à soupe, voilà qui n’était pas du tout adapté à mon problème de mastication, du à ma douleur extrême. 


Sans que je ne puisse contrôler quoique ce soit, j’ai fais une crise de panique, du fait recevoir si peu d’humanité. Principalement lorsque l’on m’a dit, de façon claire et expéditive, que si je voulais une cuillière plus petite, il faudrait aller à l’étage du dessous, mais du fait que nous étions à l’étage du dessus, il fallait considérer que cela n’existait pas. Dans la foulée, et dix minutes plus tard, alors que j’avais réussi à avaler moins de 1cm de mon yaourt, des infirmières sont venues me chercher pour m’emmener faire une échographie. Je n’avais donc ni le matériel adapté pour me nourrir, ni même le temps. Et lorsque l’on ingurgite de très nombreux traitements, manger est d’autant plus vital. 


Voilà comment s’est passé mon début d’hospitalisation à l’hôpital de Mercy à Metz. Je vais maintenant vous raconter les dysfonctionnements inquiétants que j’ai pu constater dans cet hôpital. La chronologie ne sera pas forcément exacte, et le but est simplement de soulever des défaillances, pouvant être parfois dramatiques. 


La première chose qu’il faut savoir, c’est que mon allergie a enfin été notée dans mon dossier informatique, le second jour de mon hospitalisation, lorsque je l’ai répétée, une fois encore, à une infirmière, qui a décidée de l’inscrire. Il n’était clairement pas trop tôt. 

Le second point, et il concerne également le traitement, fut le manque de rigueur dans le suivi de celui ci. En effet, chaque jour, les cachets que l’on me ramenaient ne ressemblaient pas à ceux de la veille. Entre les décalages de 5h dans les horaires, les perfusions vides qu’on ne remplie pas, et les cachets une fois présents, une fois absents, selon si le produit était en stock ou non, je me répétais inlassablement qu’en ayant fait un tour par la case pharmacie, de chez moi, j’aurais mieux suivi les indications du médecin. 
Idem pour les bains de bouche que l’on m’a conseillé de faire trois fois par jour, il est généralement plus facile de s’y employer lorsque l’on nous fourni les produits nécessaires, mais là encore, ce qui n’est pas à l’étage, n’existe pas.

Troisième point : Du fait de mon incapacité à avaler quoique ce soit lors des deux premiers jours d’hospitalisation, auquel s’ajoute la journée que j’avais passée la veille chez moi, j’étais déjà à 3 jours de non alimentation. Et les antibiotiques, très forts, provoquent régulièrement des déformations de goût en bouche. Cet effet fut ressentie puissance 10 du fait de l’avoir pris le ventre vide si longtemps. A tel point que lorsque l’on m’a enfin donné un repas correct, j’ai commencé à ne plus rien savoir garder en moi. Je mangeais, ça ressortait aussi vite. Et j’avais beau le signaler, personne ne trouvait ça plus inquiétant que cela. Après 6 journées de non alimentation, totale, j’ai commencé à ressentir des faiblesses de plus en plus grandes, sans que mes appels au secours ne soient jamais entendus. Je finissais par avoir peur pour moi. J’étais entrée ici pour un problème spécifique, et j’étais en train de m’en créer un autre. Mon état moral a alors décliné. 


Quatrième point : Le personnel de Mercy est plutôt étrange. Croyez moi, j’ai une certaine expérience des hôpitaux, et je sais qu’il y a toujours des infirmières, aides soignantes, ou médecins, dont on se demande s’ils n’ont pas oubliés pourquoi ils avaient, un jour, choisi ce métier. Je ne l’ignore vraiment pas. Mais sur la trentaine de personnes qu’il m’a été donné de rencontrer durant mon séjour, je n’ai retenue que trois personnes ayant suffisamment d’amabilité pour ne serait ce que dire “bonjour”, et écouter deux minutes les maux qui nous accable afin de réajuster le traitement. 
D’ailleurs, je voudrais profiter de ce point pour souligner la formidable humanité de l’une des aides soignantes tournantes de cet hôpital. J’ignore son nom, mais je me souviendrais longtemps qu’elle fut la seule à estimer que ce qui était à l’étage du dessous, existait bel et bien. Elle a d’ailleurs fait les allers retours pour m’apporter une cuillère adaptée, mais aussi des poches de glace, et tout ce dont j’avais considérablement besoin à ce moment là. C’est cette même aide soignante qui, le soir venue, s’est fait remonter les bretelles par une patiente qui estimait les plats servis trop immangeable. Je la revois encore dans ma chambre, avec ses larmes presque aux yeux. Elle m’a touchée et fait de la peine. C’est malheureux de voir que c’est la meilleure partie du personnel qui en bave le plus. Malheureusement également, je n’ai pu profiter de sa gentillesse qu’une soirée, avant qu’elle ne change, encore et encore, de service. Probablement qu’elle aura du mal à tenir ce métier, de par trop d’humanité envers les patients. Mais si elle pouvait récupérer un peu de détachement des autres, et offrir un peu de sa bonté à ceux là, tout serait davantage équilibré. 


Cinquième point : On a tendance à penser que dans un hôpital, ce qui fait sa force, c’est son hygiène irréprochable. Ne vous laissez pas avoir par ce préjugés qui se trouve être totalement infondé dans le cas de Mercy. Le personnel de nettoyage doit être blasé, ou je ne sais quoi d’autre. Après leur passage, le sol semblait encore plus sale, et par terre, on pouvait retrouver tous les vestiges des patients passés avant nous. Je ne parle même pas de l’état des salles de bain. Ayant fait deux services différents, avec deux techniciennes de surface différentes, je peux vous dire que le résultat était malheureusement identique. 


Sixième point : Lorsque j’ai changé de service, au préalable, j’avais eu comme indication de boire énormément. Je ne mangeai pas, l’eau était donc mon seul “aliment”, et de plus, il fallait que j’évite au maximum toute déshydratation, causée à la fois par ma pathologie, mais aussi par mon traitement. Arrivée dans mon nouveau service, et malgré ma demande, j’ai du patienter approximativement 2h pour enfin voir une cruche d’eau arriver dans ma chambre. Celle ci n’aura pas bénéficié de remplissage par la suite, m’obligeant à me débrouiller par moi même, grâce au lavabo de la salle de bain. 


Enfin, et pour résumer les points restants, je reprocherais également une architecture du bâtiment qui est réellement néfaste pour l’humeur des patients. L’hôpital n’a jamais été une partie de plaisir pour personne, mais avoir la vue sur un mur dans un étage, et sur un mur rempli de fenêtre à un autre, c’est assez pénible. Ne jamais voir ni le sol, ni le ciel, se sentir totalement enfermé, et épié par les fenêtres d’en face. Je garde ce souvenir de cette fenêtre, en face de la mienne, de cet homme allongé sur son lit, en train de subir des soins vraiment choquant pour le commun des mortels, au point de me pousser à fermer le volet alors qu’il faisait encore jour. 

Si Mercy est un hôpital neuf, n’oubliez jamais que le fond de teint n’est qu’une façade. On nous a offert du neuf, avec du vieux. Alors oui, le bâtiment en lui même est tout ce qu’il y a de plus neuf, mais le matériel utilisé reste celui de notre bon vieil hôpital qu’est Bon Secours. Je garderai en mémoire ce fameux fauteuil roulant, sans repose pieds, près à se fendre en deux à n’importe quel moment. Ou encore le fait de devoir se promener avec un pousse piqure, sans pour autant avoir de plaque pour le poser sur sa potence. On frôle le sommet du pratique. 

Bref, je rappelle que ceci n’est qu’un résumé du vécu que j’ai pu avoir sur place, il y en aurait encore beaucoup à dire. Je terminerai sur un fait essentiel pour moi, au bout de 7 jours de non alimentation totale, j’ai fini par ne plus supporter l’eau non plus. Elle aussi ne voulait plus rester dans mon corps, et là encore, personne ne s’en est inquiété. J’ai donc négociée ma sortie, estimant que chez moi, je suivrais davantage mieux mon traitement, et que, peut être, je réussirai à m’alimenter un peu, par ci, par là. Mon séjour se terminera sur un conseil, d’un médecin très froid, qui m’a dit d’aller me faire soigner chez un psy pour mon manque de “joie” à être hospitalisée. Finalement, et après avoir entendu mes appels, on m’a laissé sortir, avec un anti vomitif béton, qui m’a permis de me réalimenter chez moi, voilà qui me prouve qu’il aurait été possible de l’envisager un peu avant… 

En somme, je vous déconseille cet hôpital, sorti des consultations externes, qui mettent bien moins en danger, puisque après, il ne tient qu’à vous de bien respecter, avec rigueur, les conseils que l’on vous a fourni. Ne laissez pas votre sort entre les mains de ce personnel, censé vous surveiller, et n’en ayant ni le temps, ni l’envie. Ceci étant dit, j’imagine que le personnel à des circonstances atténuantes qui sont bien masquées par tout le reste. Il est probable que les conditions dans lesquelles leur hiérarchie leur demande de travailler n’est, elle même, pas adaptée à un centre hospitalier. Quoiqu’il en soit, si vous ne voulez pas vous faire de frayeurs inutiles, n’hésitez pas à regarder d’un peu plus près, si vous ne pouvez pas trouver ce dont vous avez besoin, ailleurs. 

AZG

16 notes

  1. noemie54 a reblogué ce billet depuis alicezgauthier et a ajouté :
    Bonjour, mon copain a été emmener en urgence dans cet hôpital, il fait des malaises a répétition avec pertes de...
  2. jyou-existtrace a reblogué ce billet depuis alicezgauthier
  3. luminalle a reblogué ce billet depuis alicezgauthier et a ajouté :
    J’ai lu avec attention votre calvaire et j’espère que vous allez mieux. Je suis aide soignante à Mercy ou plutôt je...
  4. gofurby a reblogué ce billet depuis gofurby et a ajouté :
    Bonjour, Je travaille à Mercy et je suis une aide-soignante. J’ai beaucoup hésité avant de vous écrire ce message, mais...
  5. alexia586 a reblogué ce billet depuis alicezgauthier et a ajouté :
    Vous êtes partie avec des a priori négatifs sur Mercy, vous le dites clairement dans vos premières lignes, alors...
  6. morgane-mo a reblogué ce billet depuis alicezgauthier
  7. roni5757 a reblogué ce billet depuis alicezgauthier
  8. sharemybrain a reblogué ce billet depuis alicezgauthier et a ajouté :
    My god !
  9. llligiouxxx2 a dit : Cela semble désastreux, mais je ne peux qu’être surprise par tant de manque de professionnalisme…
  10. alicezgauthier a publié ce billet
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